L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles
Dès le 15 octobre, Madame Brigitte Roux, présentera au peuple suisse, projeté sur la façade du Palais fédéral, un spectacle lumineux, intitulé « Planet Hope - comeback » - Planète espoir, le retour. https://www.rendezvousbundesplatz.ch/fr/levee-de-rideau/
Ce spectacle nous proposera de voir la construction d’une arche, pendant qu’un « un raz-de-marée dévore tout. » Le navire ainsi construit nous portera dans un voyage féerique autour du monde, qui vient d’être dévoré par le déluge.
« Les frontières politiques se dissolvent ». Est-ce à dire que les nations s’effondrent ?Heureusement, nous finissons notre voyage sur « le bâtiment du Parlement suisse, indemnes et heureux. »
Une citation inspirante d’Albert Camus éclaire le tout : « La plus haute forme d’espoir est le désespoir surmonté ».
De fait, Albert Camus n’a jamais dit ça. Ce fut George Bernanos, dans une conférence, que l’on peut lire dans : La Liberté, pour quoi faire ? Ce lapsus est si révélateur, que nous pouvons nous demander s’il ne fut pas fait exprès, comme pour révéler à ceux qui savent, l’immensité de cette arnaque du public.
En effet, cette phrase constitue la conclusion d’une réflexion de Bernanos sur la distinction entre « l’optimisme » et « l’espérance ». Bernanos nous dit : « L'optimisme est un ersatz de l'espérance, dont la propagande officielle se réserve le monopole. Il approuve tout, il subit tout, il croit tout, c'est par excellence la vertu du contribuable. »
« Neuf fois sur dix, l'optimisme est une forme sournoise de l'égoïsme, une manière de se désolidariser du malheur d'autrui. Au bout du compte, sa vraie formule serait plutôt ce fameux ‘après moi le déluge’ ».
Georges Bernanos aurait pu écrire ceci, aujourd’hui, au sujet de ce spectacle, sans changer un mot.
Nous découvrons donc que la fresque de Madame Brigitte Roux n’est qu’un acte de propagande honteux, d’optimisme béat et hypnotique, et n’a rien à voir avec l’espoir. Elle se propose de calmer notre angoisse existentielle, fondée sur la connaissance scientifique de la destruction prochaine du monde, par l’illusion optimiste qu’une arche de Noé existera, et qu’elle nous sauvera.
Nous n’avons plus besoin de nous préoccuper de toutes ces nations qui couleront, seront ravagées par la sécheresse et la famine. Leur malheur n’est pas le nôtre, il y a l’arche de Noé, et les élus seront protégés des éléments déchaînés. Il n’y a rien à faire que faire confiance à notre Palais fédéral, arche de Noé. Travailler, surtout consommer et payer nos impôts. Après nous le déluge, et tant pis pour nos enfants.
Voilà le message que le pourcent culturel de la Migros, la ville de Berne, la fondation Vinetum et la BCBE financent : « Fais confiance ! Ne t’occupes de rien ! La fin du monde arrive, mais ton gouvernement s’occupe de tout. Tout le monde mourra dans le déluge, mais il y aura bien une arche de Noé »
Nous sommes tous invités à continuer à pousser notre pierre au sommet de la colline, dans l’éternel recommencement, comme le Sisyphe d’Albert Camus : « Il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir. » Retour au travail, sans espoir de sauver l’avenir de nos enfants ; travail, non plus seulement inutile, mais qui contribue activement à la destruction du monde que Madame Roux décrit si bien.
Si nous aimons nos enfants, nous devrons bien nous réveiller de la torpeur hypnotique dans laquelle nous plongent tous les organismes de propagande. Du conseil fédéral, à la publicité, à toute la machine médiatique, occupés à nous endormir, et nous faire travailler et consommer comme des zombies décérébrés.
L’arche dont nous parle Madame Roux existera peut-être. Ce sera peut-être la base martienne d’Elon Musk, ou un bunker en Nouvelle Zélande, ou dans l’extrême nord de l’Europe.
Ma seule certitude est, que je n’ai pas de billet d’embarquement pour cette arche, ni toi lecteur, ni nos enfants. Cette arche n’existera que pour ceux qui pourront se la payer, et après eux le déluge.
Si nous voulons nous sauver et sauver nos enfants, nous devrons nous réveiller, ouvrir les yeux sur la réalité des faits, et exiger de pouvoir faire les efforts nécessaires pour sauver le monde.
« L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles » G. Bernanos