A la veille du vote au Parlement européen sur la liste de projets « d’intérêts communs » (PIC), la Commission européenne a entendu la demande du Groupe Renew portée par la délégation Renaissance. Frans Timmermans, le Vice-président en charge du Green Deal a déclaré que « pour recevoir des fonds européens, les projets de la liste PIC devront soutenir nos ambitions dans le cadre du Green Deal ». 

Le Parlement européen doit se prononcer demain sur une objection au sujet de la liste de projets « d’intérêts communs » (PIC) proposée par la Commission européenne. Ces PICs sont des projets d’infrastructures pouvant recevoir des fonds européens.  

Cette liste comprend plus d’une centaine de projets d’interconnexions électriques qui sont nécessaires pour réussir la transition énergétique en Europe et développer massivement les énergies renouvelables. Elle comprend aussi une trentaine de projets qui correspondent à des infrastructures de transports de gaz. Hors, plusieurs études récentes (dont l’étude Artelys) questionne l’intérêt de ces projets pour deux raisons : la première, c’est la transition énergétique. Est-il nécessaire de construire de nouvelles infrastructures de gaz alors que c’est une énergie fossile et que nous visons la neutralité carbone en 2050. La seconde est que ces projets n’apporteraient pas d’amélioration à la sécurité de l’approvisionnement énergétique européenne. Les différents rapports annoncent des montant conséquents, jusqu’à 29 milliards d’euros d’argent public pour des projets dont on peut légitimement questionner l’utilité. La construction de terminaux méthanier pourrait ouvrir encore plus grand la porte aux importations en Europe de gaz de schiste américains, et ne sont clairement pas conformes à nos nouveaux engagements climatique et environnemental pris dans le cadre du Green Deal.  

D’un côté, les projets d’interconnexions électriques présents sur cette liste sont essentiels au développement des énergies renouvelables en Europe. Et nous savons qu’une augmentation importante et rapide de ces énergies vertes est indispensable à la réalisation de nos nouveaux objectifs présentés dans le cadre du Green Deal. De l’autre, nous avons également sur cette liste des projets dont il faut impérativement vérifier la compatibilité avec nos engagements climatiques. C’est pour cela que notre Groupe Renew a décidé de ne pas soutenir l’objection qui rejetterait formellement la proposition de la Commission et empêcherait de facto les financements des infrastructures utiles pour la transition énergétique et le climat.  

Nous avons plutôt développé une alternative à l’objection, pour ne pas ralentir le financement potentiel de projets nécessaires mais tout en permettant de vérifier la compatibilité (ou l’incompatibilité) des projets gaziers avec notre ambition climatique. C’est ce que nous demandions avec la délégation Renaissance, et ce dès le début de l'année, en appelant la Commission à évaluer la cohérence de tous les projets gaziers de la 4ème liste des PICs avec les nouveaux engagements pris dans le cadre du Green Deal et agir en conséquence. 

La Commission européenne a entendu notre demande. Frans Timmermans, son Vice-président en charge du Green Deal a déclaré mardi soir que « pour recevoir des fonds européens, les projets de la liste PIC devront soutenir nos ambitions dans le cadre du Green Deal ».  

La Commission européenne s’engage ainsi à ne pas financer de projets gaziers incompatibles avec le Green Deal et la neutralité carbone dans le cadre des projets d’intérêts communs. C’est une avancée majeure obtenue par la délégation Renaissance et le Groupe Renew Europe. De plus, la Commission dispose maintenant d’une feuille de route claire sur ce sujet : soutenir et financer les projets nécessaires au développement des énergies renouvelables en Europe, et ne sélectionner que les projets gaziers qui auront fait la preuve de leur compatibilité avec le Green Deal, par exemple pour accélérer à court terme la sortie du charbon dans certains pays.