J-30 (à peu près...) pour réduire vos impôts : hurry up !
Si vous faites partie des 37% des Français qui considèrent l’impôt sur le revenu comme une « extorsion de fonds », vous serez heureux de l’apprendre : vous pouvez fortement réduire voire annuler votre prochaine note fiscale !
Dons à des associations, investissements dans des PME, dans la forêt ou dans l’immobilier… : de nombreuses solutions sont possibles pour réduire son impôt tout en soutenant l’économie réelle de notre pays.
Défiscaliser n’est donc pas incompatible avec faire son devoir de citoyen, puisque ces dispositifs légaux sont mis en place par l’Etat pour soutenir certains pans de l’économie.
Tour d’horizon d’un sujet qui fait couler beaucoup d’encre : la défiscalisation !
> Pour trouver la niche fiscale adaptée à votre situation, utilisez Défiscalisator, 1er simulateur de réductions d'impôts en France.
Niches fiscales : en fait, koi kès ?
La défiscalisation regroupe l’ensemble des dispositifs légaux qui permettent de réduire ses impôts.
Ces dispositifs sont communément appelés niches fiscales. Une niche fiscale est une dérogation fiscale qui permet - sous certaines conditions - de payer moins d'impôts ou d'éviter l'impôt ; en France, ces dérogations sont classées en « dépense fiscale » dans la comptabilité nationale des finances publiques, car elles correspondent à une perte de revenu, qui doit être compensée dans le budget de la nation.
Au total, plus de 200 niches fiscales liées à l’impôt sur le revenu ont amputé les recettes de l’Etat de plus de 30 milliards d’euros en 2014 !
Nous pouvons classer ces niches fiscales en 4 grandes familles :
- Les prestations ou dépenses « courantes » : garde d’enfants, frais de scolarité, pension alimentaire versée, travaux d’amélioration énergétique, déficit foncier…
- Les dons à des associations agréées par l’Etat.
- Les investissements ou produits de défiscalisation : investissement dans la forêt, dans l’immobilier ou dans les petites et moyennes entreprises (PME) principalement.
- Les niches fiscales diverses : cotisations syndicales, avantages associés à un statut particulier (agents du public mutés, journalistes, écrivains, sportifs…), intérêts d’emprunt…
Déductions, réductions ou crédits d'impôts : la jungle du jargon fiscal
Petite subtilité dont seule l’administration française a le secret, les niches fiscales peuvent avoir un impact sur l’impôt sur le revenu à 3 niveaux :
- Certaines d’entre elles sont déductibles de vos revenus et entraînent ainsi une baisse de vos revenus imposables. Il s’agit par exemple des montants que vous placez sur un plan d’épargne retraite populaire (PERP).
- D’autres viennent directement réduire votre impôt sur le revenu. A titre d’exemple, lorsque vous donnez de l’argent à une association, vous obtenez une réduction d’impôt de 66% à 75% du montant versé.
- Enfin, certains dispositifs permettent d’obtenir un crédit d’impôt. Vous pouvez alors être remboursé(e) par l’Etat si votre impôt est inférieur à 0€. C’est notamment le cas pour une garde d’enfants à domicile. Si vous avez un impôt de 2000€ mais que votre garde d’enfants entraîne un crédit d’impôt de 3000€, vous êtes ainsi remboursé(e) de 1000€ !
Attention de ne pas vous cogner au plafond...
Et oui, les niches fiscales sont plafonnées ! Le plafonnement global des niches fiscales consiste à limiter le montant des avantages fiscaux dont vous pouvez bénéficier chaque année.
Ce plafonnement s’applique aux avantages accordés en contrepartie d’un investissement ou d’une prestation (emploi d’un salarié à domicile par exemple).
Ainsi, pour l’imposition de vos revenus de 2016, le total des avantages fiscaux ne peut pas procurer une diminution du montant de l’impôt dû supérieure à 10 000€… sauf exceptions bien entendu (ce serait trop simple…).
Ce plafonnement ne s’applique pas aux dons : soyez généreux ! Il ne s’applique pas à l’immobilier ancien et il est de 18 000€ pour certains investissements.
Calendrier fiscal : ne ratez pas le coche !
Concernant le calendrier fiscal, soyez vigilant'e) !
Vous avez jusqu’au 31 décembre de chaque année pour réduire votre impôt à payer l’année suivante.
Plus concrètement, vous avez jusqu’au 31 décembre 2016 pour mettre en place une solution qui vous permettra de réduire votre impôt à payer en 2017 sur vos revenus de 2016.
10 investissements (plus ou moins risqués) pour réduire son impôt sur le revenu
De nombreuses solutions permettent de placer de l’argent tout en réduisant son impôt et ce, à partir de quelques milliers d’euros investis.
A titre d’exemple, un couple marié avec un enfant, 70 000 € de revenus et 6 142 € d’impôt peut annuler totalement cet impôt en investissant :
- 5.000€ dans un Groupement Foncier Forestier (18% de réduction d’impôt soit 900€ d’économie)
- 4.639€ euros dans un Girardin industriel (113% de réduction d’impôt soit 5.242€ d’économie !)
Il est important de souligner que les produits de défiscalisation ne sont généralement pas sans risque et que l’investissement est bloqué pendant une durée minimum : si vous vendez le bien avant le délais requis, vous devrez ainsi rembourser l’avantage fiscal obtenu !
Il est donc essentiel de vous assurer que ces investissements ne représentent pas une part trop importante de votre patrimoine et que vous pouvez bloquer l’argent pendant la durée minimum fixée.
Vous êtes prêt(e) à investir ? Voici un tour d’horizon de 10 solutions fiscalement avantageuses !
> A noter : toutes ces solutions sont issues de Défiscalisator, simulateur de réductions d'impôts.
1. Investir dans la forêt
- Dispositif : GFF
- Réduction : 18%
- Risque : Modéré
- Durée minimum : 8 ans
- Montant minimum : environ 5 000 €
La forêt est un investissement en vogue, porteur de valeurs et décorrellé des fluctuations des marchés financiers !
Souvent transmise lors d’un héritage, la forêt peut aussi servir d’investissement financier à l’épargnant soucieux de diversifier son patrimoine.
Pour investir dans la forêt, vous pouvez soit acheter des parcelles en direct, soit de manière plus simple souscrire à des placements collectifs tels que les Groupements Fonciers Forestiers (GFF).
Quel que soit votre choix, vous pouvez réduire votre impôt sur le revenu de 18% du montant investi.
Autre atout : l’investissement dans la forêt bénéficie d’un abattement de 75% pour votre succession !
2. Soutenir des PME
- Dispositif : FCPI et FIP
- Réduction : 18 ou 38%
- Risque : Elevé
- Durée minimum : 5 à 8 ans
- Montant minimum : environ 1 000 €
Si vous souhaitez réduire vos impôts tout en investissant dans des PME ou dans des entreprises innovantes, les FIP (Fonds d’Investissement de Proximité) et FCPI (Fonds Communs de Placement dans l’Innovation) sont faits pour vous !
Ces fonds vous permettent de réduire votre impôt sur le revenu de 18% du montant investi.
Mieux, le FIP Corse, investi en grande partie dans des PME de l’Île de beauté, permet de bénéficier d’une réduction d’impôt de 38%.
A noter : Si vous investissez directement dans le capital d’une PME (d’un proche ou via une plateforme de crowdfunding), vous pouvez également bénéficier de la réduction d’impôts de 18%.
Attention toutefois, ces dispositifs sont risqués puisque vous investissez principalement dans des sociétés jeunes en développement !
3. Soutenir le cinéma et l’audiovisuel
- Dispositif : SOFICA
- Réduction : 30 ou 36%
- Risque : Elevé
- Durée minimum : 5 ans
- Montant minimum : environ 5 000 €
Fan des films Français aux scénarios bien ficelés… et parfois incompréhensibles ? Les SOFICA vont vous séduire !
En souscrivant au capital des Sociétés de Financement du Cinéma et de l'Audiovisuel
(SOFICA), vous soutenez la production cinématographique de notre pays, 80% des sommes recueillies devant être affectés à des films d’initiative française.
Les SOFICA ouvrent droit à une réduction d'impôts de 30% ou 36% du montant investi !
Attention : la rentabilité de ce produit tient avant tout à l'avantage fiscal accordé et il s’agit donc d’un investissement plaisir.
4. Investir Outre-Mer
- Dispositif : Girardin industriel ou Girardin social
- Réduction : 110 à 120%
- Risque : Elevé
- Durée minimum : 5 ans
- Montant minimum : environ 2 500 €
Le Girardin Industriel permet de soutenir le développement économique des départements et collectivités d’outre-mer (DOM COM), en investissant dans des projets industriels.
Cette niche fiscale est très particulière, car elle procure une réduction d’impôt supérieure au montant investi, de l’ordre de 110 à 120% en fonction des produits !
Prenez garde : ce dispositif est complexe et a parfois rencontré des problèmes juridiques liés à des projets qui n’ont pas abouti : il est ainsi arrivé que l’avantage fiscal accordé soit remis en cause par les services fiscaux !
Il est donc essentiel de se tourner vers des sociétés de gestion réputées.
Le Girardin Social fonctionne de la même manière que le Girardin Industriel. C'est un produit de défiscalisation qui finance la création de logements sociaux dans les DOM COM. Il est plus sûr que le Girardin Industriel car des entités semi-publiques prennent part au processus. Il nécessite toutefois un montant d'investissement plus élevé que le Girardin Industriel.
5. Investir dans l’immobilier ancien
- Dispositif : Malraux
- Réduction : 22 à 30%
- Risque : Modéré
- Durée minimum : 9 ans
- Montant minimum : environ 100 000 € (5 000€ via des SCPI)
Si vous aimez la pierre et souhaitez investir dans de beaux immeubles anciens, le Malraux est fait pour vous !
En achetant et en rénovant des biens dans un secteur sauvegardé ou dans une zone de protection du patrimoine, vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt sur le montant des travaux réalisés. Cette réduction est de 30% en secteur sauvegardé et de 22% en zone de protection.
Le plafond des dépenses est limité annuellement à 100 000 euros. Mais, les travaux pouvant s’étaler sur trois ans, l’économie d’impôt peut atteindre 90 000 euros !
Pour y prétendre, vous devez louer nu votre bien pendant neuf ans. Aucun plafond de loyer n’est imposé.
Avantage non négligeable : le Malraux n’entre pas dans le plafond des niches fiscales. Partout en France, les programmes sont assez nombreux. Privilégiez ceux dont les travaux ont commencé pour défiscaliser dès cette année.
6. Investir dans l’immobilier neuf
- Dispositif : Pinel
- Réduction : 12 à 21%
- Risque : Modéré
- Durée minimum : 6 à 12 ans
- Montant minimum : environ 80 000 € (ou 500€ via des SCPI)
La loi Pinel est un investissement dans l'immobilier locatif neuf offrant à l'investisseur une réduction d'impôt pouvant atteindre 21% du montant investi, sur une durée de 12 ans. Cette réduction dépend de la durée de la location : pour 6 ans de location, la réduction est de 12%, elle est de 18% pour 9 ans et de 21% pour 12 ans.
Pour en bénéficier le propriétaire doit s’engager à respecter les plafonds de loyers et de ressources. Il est également possible de louer à un ascendant ou un descendant, à condition qu’il ne fasse pas partie du foyer fiscal du propriétaire.
Le montant d'investissement maximum est de 300 000€ et il est possible d’investir via des SCPI (société civile de placement immobilier).
7. Investir dans l’immobilier de service
- Dispositif : Censi Bouvard
- Réduction : 11%
- Risque : Modéré
- Durée minimum : 9 ans
- Montant minimum : environ 70 000 €
Le dispositif Censi Bouvard vous permet d’investir dans des résidences de service : résidences étudiantes, résidences séniors ou résidences de tourisme notamment.
Vous pouvez bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu de 11% du montant investi, réparti sur une durée de 9 ans.
De la même manière que pour le Pinel, la réduction se fait dans la limite d'un montant d'investissement de 300 000€.
Avantage non négligeable : il est possible de reporter l'excédent de réduction d'impôt sur les 6 années suivantes !
8. Générer du déficit foncier
- Dispositif : Déficit foncier
- Réduction : Déduction d’impôt
- Risque : Elevé
- Durée minimum : 3 ans
- Montant minimum : environ 5 000 € (via des SCPI)
Si vous avez des revenus fonciers élevés, l'investissement dans de l'immobilier générant du déficit peut être un bon moyen pour réduire son impôt.
Le déficit foncier généré est directement déductible des revenus fonciers et peut ensuite être déductible du revenu global dans la limite de 10 700 €.
Un déficit foncier peut être généré en investissant en direct dans de l’immobilier ou via des parts de SCPI (sociétés civile de placement immobilier).
9. Préparer votre retraite
- Dispositif : PERP et PERCO
- Réduction : Déduction d’impôt
- Risque : Faible à élevé
- Durée minimum : Jusqu’à la retraite
- Montant minimum : environ 100 €
En complément de votre couverture retraite obligatoire, vous pouvez souscrire à un PERP (Plan d'Epargne Retraite Populaire) qui vous permettra, lors de votre départ à la retraite, de disposer d'un revenu supplémentaire régulier.
Comme une assurance vie, le PERP est investi sur des supports plus ou moins risqués (actions, obligations, immobilier), en fonction de votre choix.
Vos versements sur le PERP peuvent, sous conditions, être déduits de votre revenu imposable ! Souffrant à ce jour d’une image peu flatteuse (faible rendement notamment), de nouveaux PERP plus dynamiques commencent à voir le jour : certains peuvent par exemple être investis en parts de SCPI (sociétés civile de placement immobilier).
Si vous êtes salarié(e), votre entreprise a peut-être mis en place un PERCO (Plan d'Epargne Retraite Collectif). Le PERCO présente les mêmes avantages que le PERP, avec en prime la possibilité d'obtenir de votre employeur des versements complémentaires (abondements) exonérés d'impôt sur le revenu !
10. Améliorer votre protection sociale
- Dispositif : Madelin
- Réduction : Déduction
- Risque : Faible à élevé (contrat retraite)
- Durée : Jusqu’à la retraite (contrat retraite)
- Montant minimum : environ 100 € (contrat retraite)
Si vous êtes travailleur non salarié (profession libérale, artisan, commerçant, gérant majoritaire...), vous pouvez bénéficier des dispositions de la loi Madelin !
Cette loi vous permet de pallier les carences des régimes généraux en matière de protection sociale, tout en réduisant vos impôts !
Vous pouvez ainsi vous protéger davantage en souscrivant via la loi Madelin à des contrats de retraite supplémentaire, de complémentaire santé, d’assurance décès ou invalidité, d’assurance perte d’emploi…
Avantage : les cotisations sont déductibles de vos revenus, sous certaines conditions de plafonnement.
Pour la retraite, la loi Madelin se rapproche du PERP : votre argent est investi sur des supports garantis (fonds en euros) ou multisupport. Le capital est disponible au moment de l’arrivée à la retraite.
> Pour aller plus loin : découvrez quelle solution de réduction d'impôt est adaptée à votre situation